Abandon des mesures d’exception, abandon de la LPR et de son protocole d’accord, rétablissement des cours en présentiel !

L’état d’urgence sanitaire a officiellement pris fin le 11 juillet mais les mesures d’exception liberticides sont maintenues, notamment contre le droit de manifester et de se réunir, sous la coupe de préfets aux pouvoirs étendus.

Les milliards donnés aux entreprises continuent de pleuvoir, quasiment sans aucune condition, alors que celles-ci restructurent et licencient à tour de bras. Les ordonnances et les mesures d’exception facilitent la reprise - par l’ancien propriétaire - de sa propre entreprise placée en liquidation, ainsi libérée de ses dettes et restructurée à moindre frais.

Le gouvernement utilise la répression et la peur pour faire passer toutes les réformes contre les salariés. Les étudiants sont culpabilisés, tandis que le gouvernement et les ARS continuent d’organiser les fermetures de lits d’hôpitaux et le désarmement du système de soins français.

Nous ne sommes pas dupes, comme le disent 35 chercheurs, universitaires et médecins, dans une tribune intitulée Covid-19: nous ne voulons plus être gouvernés par la peur : « Il ne faut pas confondre la responsabilisation éclairée avec la culpabilisation moralisatrice, ni l'éducation citoyenne avec l'infantilisation ».

La ministre, Mme Vidal, tente d’associer les syndicats au passage de la loi de programmation de la recherche (LPR), en leur proposant de signer un protocole d’accord sur les rémunérations et les carrières. Devant l’assemblée nationale, lors de l’ouverture des débats sur la LPR le 21 septembre, le représentant FO ESR qui est intervenu a rappelé que l’accord, c’est d'abord l'instauration de primes modulables pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs, dans le même objectif que le RIFSEEP. Aucun syndicat ne doit signer ce protocole, il doit être abandonné, et la LPR, loi de destruction de la recherche publique et des statuts des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, doit être abandonnée !

En cette rentrée universitaire, la ministre Vidal, au lieu de donner les moyens nécessaires, notamment en locaux, en postes, en heures de cours, a sorti une circulaire le 7 septembre rendant très difficile l’enseignement en présentiel intégral, en plaçant les établissements, dans le cadre de l’autonomie, dans la quasi obligation de prendre les décisions concrètes du passage à l’enseignement hybride.

Les directions d’établissement appliquent, souvent avec zèle, la circulaire, chaque université prenant des décisions dérégulant l’enseignement, par université, par composante, par des modalités d’enseignement différentes, instaurant la dégradation et l’inégalité d’accès des étudiants aux études supérieures, dégradation d’autant plus grande que la part de l’enseignement à distance est importante. La CPU a même obtenu de pouvoir sanctionner personnels et étudiants qui ne respecteraient pas les règles que les présidences mettent en place.

Les personnels BIATSS subissent également une aggravation sans précédent de leurs conditions de travail : augmentation de la charge de travail, protocoles sanitaires difficiles à mettre en œuvre, procédures et travail à distance imposés, horaires fluctuants, taches supplémentaires sans le matériel et les moyens humains nécessaires, …

Le BN FO ESR, par sa résolution du 22 septembre (voir pages 4-7), prend ses responsabilités, en demandant le rétablissement des cours avec des enseignants devant tous leurs étudiants, le retrait de la circulaire du 7 septembre.

Dans le même temps, nous exigeons le maintien des droits et le renforcement de la protection des personnels. Nous défendons les personnels vulnérables ou en contact avec des personnes vulnérables qui veulent télétravailler et demandons le placement en ASA des personnels confinés ou vulnérables qui ne peuvent télétravailler. Nous revendiquons l’abandon du jour de carence, au minimum en cas de Covid, la reconnaissance en maladie professionnelle du Covid, nous revendiquons le maintien des CHSCT, l’abrogation de la loi de transformation de la fonction publique.

Nous n’oublions aucune revendication, notamment sur les salaires, en nous appuyant sur l’augmentation générale de 183€ obtenue par les personnels hospitaliers : augmentation de la valeur du point d’indice, 183€ d’augmentation indiciaire dès maintenant !

Gilles Bourhis, co-secrétaire général.