Intervention FO sur le budget 2021 au CNESER du 15 décembre 2020

En présence du directeur adjoint de cabinet du MESRI et des représentants de la DGESIP et de la DGRI, FO a fait la déclaration suivante sur le budget 2021

Le budget 2021 est le premier budget dans le cadre de la loi de programmation de la recherche (LPR). Il confirme que la LPR ne répond pas aux besoins du service public.

Concernant les formations supérieures et la recherche universitaire.

Hors plan de relance, l’augmentation globale est faible. Elle va pour une bonne part dans des mesures d’augmentation des primes. Ce qui est effectivement consacré en plus à la recherche universitaire (30 M€) est ridicule, et les moyens concernant les formations sont comme les années précédentes totalement insuffisants. Les financements du plan de relance, dont une partie est ciblée pour la création de places dans les instituts de soins infirmiers ou dans des formations courtes, ne permettront en rien d’enrayer la baisse de la dépense par étudiant.

Concernant la vie étudiante. Pour cette année, il y a une pause à la dégradation de l’engagement de l’État concernant les dépenses d’hébergement et de restauration, mais c’est en raison de la crise sanitaire et ces moyens sont insuffisant vu l’ampleur de la crise sociale que connaissent actuellement les étudiants. Quand aux moyens pour les personnels, il n’y a aucune revalorisation ; il n’y a que l’opération de fonctionnarisation qui implique une très légère augmentation de la masse salariale pour 2021.

Concernant les organismes de recherche. L’augmentation de 3,2 % du budget global hors plan de relance, déjà limitée, est encore plus minime pour la part destinée aux organismes de recherche, avec seulement 2,7 % d’augmentation des budgets des organismes de recherche, qui devront d’abord financer les augmentations de primes. Ce qui augmente ce sont les Autorisations d’Engagement de l’ANR, par contre les établissements n’auront guère plus de moyens ni pour les emplois de titulaires, ni pour les crédits de base aux unités. Voilà la réalité de la première année de la LPR. Concernant l’ANR, même avec l’apport supplémentaire du plan de relance, un taux de succès de 23 %, cela veut dire 77 % de taux d’échec, que d’énergie gaspillée !

Les financement du PIA 4 vont dans le même sens. Ils financent notamment des recherches dans le public et/ou le privé via des appels à projets, pour des sujets à la mode, à court terme, alors qu’on connaît les effets désastreux que cette politique a eu dans le financement de la recherche sur les coronavirus comme l’expérience de Bruno Canard l’a démontré.

Conclusion. Que ce soit pour la formation, les œuvres universitaires, la recherche, la première année d’application de la LPR au niveau budgétaire confirme que les orientations du gouvernement ne répondent pas aux besoins du service public d’enseignement supérieur et de recherche. La part considérable des financements qui passent par des appels à projets augmente chaque année, avec un ciblage très politique, notamment pour accompagner les restructurations ou les objectifs ministériels, en contradiction avec les missions traditionnelles de transmission des connaissance et de développement du savoir, de la recherche.

Ce budget 2021 accompagne la casse des statuts programmée par la LPR et par les autres lois, en particulier la loi de transformation de la fonction publique (LTFP). Avec ce budget, c’est la contractualisation généralisée en lieu et place de l’emploi titulaire.

Pour toutes ces raisons, nous voterons contre les budgets qui nous sont présentés.

Résultat des votes

Précisons que concernant le vote sur la répartition des moyens de l’enseignement supérieur, le sens du vote FO n’est pas sur la répartition mais sur le budget dans sa globalité.

Répartition des moyens des établissements d’enseignement supérieur : 5 pour, 61 contre, 8 abstentions

Budget des programmes recherche : 5 pour, 59 contre, 8 abstentions